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Comment écrire peut aider à moins râloter au bureau

Écrire sa vie dans un journal peut sembler être une activité réservée aux explorateurs du XVème siècle ou aux adolescentes en mal d’amour. Grossière erreur !
Si vous êtes comme moi (et je suis loin d’être unique en mon genre), il vous arrive souvent d’avoir des pensées négatives ou de faire face à des situations stressantes voire tout à fait énervantes. Vous rentrez alors dans une des 2 catégories de personnes qui existent : soit vous êtes peace, vous êtes la colombe qui s’élève au-dessus de la bave du crapaud sans même daigner lui jeter un regard, soit, comme votre serviteur, vous vous énervez (de façon plus ou moins visible et bruyante) ou ruminerez pendant un bon moment.
Seulement voilà, au travail, il faut savoir garder son calme et sa sérénité en tout temps. Lorsque quelque chose m’agace, je me retrouve donc bien souvent à mettre mon tempérament naturel expansif de côté et à ruminer dans mon coin en me parlant à moi-même (croyez-moi j’ai fait rire ma stagiaire plus d’une fois en me refaisant le film de conversations toute seule devant mon ordi).

De l’eau…de l’eau…m’hydrater plus ?

Ma manager, dans un souci de vouloir m’aider à devenir une employée moins impulsive (c’est le terme managérial pour « je vais t’aider à arrêter de râler »), m’a dit qu’il fallait que je prenne du recul afin de ne plus prendre le moindre souci trop au sérieux. En d’autres termes, je devais « laisser couler ».
Même si le concept me paraissait sympa, autant vous dire que je n’avais pas la moindre idée de la façon dont m’y prendre. Je me suis donc un peu penchée sur le sujet en me renseignant auprès de mes autres collègues :
    – Comment tu prends du recul par rapport aux choses / situations / personnes qui t’irritent ?
    – Oh bah moi tu sais j’ai des enfants alors tout ce qui se passe ici c’est vraiment de la gnognote à côté….
    – Hum…
N’ayant pas d’enfants et aucune intention d’en faire dans les 6 mois à venir, je n’étais pas plus avancée. Une autre collègue m’a ensuite dit ceci :
    – Moi perso, ça me glisse dessus, 2 min après qu’une personne m’ait soulée, j’oublie et je passe à autre chose…
    – hum…
Encore une fois cette histoire d’eau, laisser couler, laisser glisser !
A les écouter, j’ai pris conscience que notre tempérament était un élément de réponse. Certains d’entre nous semblent avoir beaucoup plus de facilité que d’autres à prendre du recul, c’est un peu plus dans leur nature. Mais alors est-ce que cela signifiait qu’il n’y avait rien à faire dans mon cas ?

Je suis un cas désespéré…peut-être pas.

La solution m’est apparue sans que je cherche vraiment au bon endroit. J’avais beau essayer de ne pas raloter toute seule dans mon coin, j’arrivais plus ou moins (plutôt moins) bien à cacher mon agacement sous un semblant de sourire faux collé sur mon visage. L’irritation était cependant toujours là, le challenge n’était donc pas réussi. Je voulais découvrir le secret. C’est finalement un soir, par hasard, que j’ai essayé quelque chose.
6 mois auparavant, alors que j’étais dans une phase de ma vie un peu difficile, j’avais lu quelque chose sur le pouvoir thérapeutique de l’écriture. Evidemment, quand je suis tombée sur un joli carnet chez Nature et Découvertes clamant ‘Live in the moment’, cela avait résonné en moi et je m’étais précipitée pour l’acheter. J’ai noirci plusieurs pages et dès que les choses se sont améliorées, je l’ai lâchement abandonné au fin fond du tiroir de ma table de chevet.
Voilà qu’un soir je rentre du bureau, que je m’allonge (m’affale serait plus correct) sur mon lit et cherche désespérément un cahier sur lequel je note tous les livres que je souhaite acheter (oui je fais des listes pour tout c’est une passion pas vous ?) et voilà que je retrouve mon journal. Sans savoir vraiment pourquoi, je décide de m’attabler et de me mettre à écrire sur ma journée au bureau.
Et me voilà à déverser tout mon fiel : “et lui a dit ci, et elle a fait ça, et moi j’ai répondu ci… », un peu comme si je parlais à une copine. A la fin, je me suis sentie vidée mais satisfaite et j’ai continué ma soirée toute guillerette. J’ai donc pris l’habitude de venir raconter mes soucis à mon journal dès que je me sentais tendue. Puis, petit à petit, j’ai commencé à détailler plus mes sentiments par rapport à la situation et pourquoi j’étais si énervée «j’avais peur que…peut-être que cela signifie que je ne suis pas à la hauteur… », vous voyez, ce genre de pensée négative et sentiments intimes dont on ne discute même pas avec les gens que l’on aime le plus. Ce n’était plus un simple déversement de stress non nécessaire mais une mise à nue.
Retrouver un semblant de paix.
A la fin de ce type d’écrits plus personnels, non seulement je me sentais apaisée mais aussi soulagée. J’avais extériorisé toutes les pensées néfastes et les sentiments pesants que je gardais à l’intérieur. Et plutôt que de les infliger à mon entourage (je me permets d’employer des termes aussi durs car quand votre copain vous entend répéter pour la 100 ème fois que Machinette est chiante et l’autre Trucmuche il sait pas bosser et blabla, oui il en a marre le copain…oui même s’il ne le dit pas), j’avais trouvé un confident à qui je pouvais absolument tout dire, sans filtre et sans peur du jugement.
Plus tard, je me suis aussi surprise à lire ce que j’écrivais les fois précédentes et à parfois à me dire : “roooh en fait, on s’en fiche, c’était pas si grave au final”. Ce type de petit commentaire à commencer à germer dans mon esprit jusqu’à être présent même quand je n’écrivais pas, et à m’accompagner jusqu’à mon espace de travail. Aujourd’hui, je suis du genre à me dire : non je ne vais pas embêter mon journal avec ça ce soir, ça n’en vaut vraiment pas la peine !

Ah d’accooord, ça veut dire ça alors prendre du recul.

Pour ma part, cela signifiait laisser s’envoler le stress. Il n’y avait pas d’histoire d’eau, c’était plutôt une histoire de légèreté. Une fois les mots couchés sur le papier, j’avais l’impression qu’ils avaient quitté mon esprit définitivement pour appartenir à mon journal. Ils ne faisaient plus partie de moi et j’arrivais à mieux respirer, libérée de leur poids. Certaines personnes associent ce sentiment à celui que l’on ressent après une bonne séance de sport, à la fin de laquelle on se sent épuisé mais serein, je trouve que la comparaison est parfaite. C’est sincérement ce que l’écriture a fait pour moi.
Elle m’a aussi aidé à prendre la mesure de ce qui est important dans ma vie. A force de noircir des pages sur le bureau et les gens qui le peuplent, je me suis rendue compte à quel point j’accordais de l’importance à des événements et des gens assez peu primordiaux dans ma vie. Sans me rendre compte qu’énormément de positif m’entourait et que ces broutilles n’étaient en effet que des broutilles. En me détachant de mon travail et en lui laissant la place qu’il mérite dans l’ordre de mes priorités, c’est à dire, juste mon travail, j’ai réussi à prendre du recul et à moins me préoccuper du stress et des soucis associés.

Et maintenant ?

Je continue d’écrire dans (à ?) mon journal, mais ne lui livre que mes sentiments les plus personnels, mes envies de développements et mes moments de reconnaissance (et parfois encore quelques coups de gueule, je reste quelqu’un avec beaucoup d’opinions !). Je lui parle de ce qui compte et des gens que j’aime. Les pages sont devenues peu à peu remplies d’espoir et de rêves à accomplir.
Au travail, j’ai pris conscience que les personnes ou situations qui m’agaçaient ne sont que passagères. Certains se cantonneront dans leur rôle d’enquiquineur, cela ne m’oblige pas à conserver le mien de râleuse. Ce n’est plus le genre de personne que j’ai envie d’être.
Si vous aussi, vous vous sentez dans une situation un peu difficile mais coincé avec vos émotions et que vous avez l’impression d’être un hamster courant dans sa roue, prenez une feuille de papier et lâchez-vous ! Dites-lui tout, exposez-lui votre situation et la façon dont vous vous sentez.
Dites absolument tout.
Sans restriction.
Sans peur.
Lisez-la.
Jetez-la.
Ou brulez-la.
Ou gardez-la précieusement.
C’est à vous de voir ce que vous préférez faire de vos pensées négatives.
Dans mon cas je les garde. Cela me permet de constater le chemin que j’ai parcouru. Quand je me sentirai prête, je brulerez certainement tous mes journaux et ferai un beau feu de joie avec ! Vous apportez les vôtres ?
 
Partagez avec moi vos propres astuces et moyens pour moins râler, ça m’intéresse !!
 
Crédit photo : Cathryn Lavery 

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